La réintroduction du Balbuzard pêcheur

 

Disparu d’une grande partie de l’Europe, le Balbuzard pêcheur est maintenant l’objet de nombreuses attentions dans plusieurs pays, où il est parfois même réintroduit. En Suisse, sa dernière reproduction remonte à un siècle en arrière. L’association « Nos Oiseaux » s’engage pour son rétablissement en Suisse romande depuis 2013, avec l’aide incontournable de deux grands amoureux de cet oiseau, Madame Wendy Strahm et Monsieur Denis Landenbergue.

Le Balbuzard est un oiseau unique en son genre et d’une grande beauté. Il est le seul rapace diurne (qui chasse la journée) à se nourrir exclusivement de poisson vivant. Il peut capturer aussi bien des espèces d’eau douce que marines et uniquement près de la surface. Autre particularité de l’animal, il retourne toujours nicher dans la région où il est né. Les mâles sont très fidèles au secteur de leur premier envol, alors que les femelles peuvent, à l’occasion, s’installer à une certaine distance, pour autant qu’elles y soient attirées et retenues par un mâle cantonné et extrêmement persuasif.

Considéré comme ayant été autrefois un nicheur répandu à travers toute l’Europe, le Balbuzard a ensuite disparu d’une grande partie du continent, à l’exception de quelques populations qui ont notamment subsisté en Allemagne orientale, en Pologne et en Fennoscandie (nord de l’Europe). Il a été noté pour la dernière fois comme nicheur en Suisse en 1914 le long du Rhin. Depuis, cet oiseau n’est plus qu’un migrateur régulier en Suisse, au printemps comme en automne.

Les jeunes Balbuzards qui sont nés en Europe passent les premières cinq à sept semaines de leur vie à explorer le voisinage immédiat du nid. Il peut y avoir jusqu’à quatre oisillons par nichée et une fois leurs ailes assez développées et puissantes, ils vont entamer leur migration vers le nord de l’Afrique. Ils peuvent traverser le désert du Sahara d’une seule traite, ce qui représente pour eux un voyage de 40 à 66 heures. Environ 40% des jeunes ne survivent pas à leur première année.

Après leur première migration vers le sud, la plupart des Balbuzards européens passent les deuxième et troisième années de leur vie en Afrique. Puis, ils retournent à l’endroit de leur premier envol pour se reproduire.

Le Balbuzard est classé dans l’Annexe 1 de la Directive Oiseaux de l’Union Européenne, ce qui lui octroie le niveau de protection le plus fort. La chasse de cet animal a heureusement fortement baissé ces dernières années grâce à cette protection, mais le problème auquel est confrontée l’espèce maintenant est le faible nombre d’arbres assez hauts sur lesquels ils peuvent construire leur nid.

Et c’est là que le projet de « Nos Oiseaux » en question est intéressant: il a pour but de construire des nichoirs artificiels à Bellechasse dans le canton de Neuchâtel pour favoriser le retour de ce magnifique rapace en Suisse romande. Il consiste à déplacer des jeunes Balbuzards (à l’âge d’environ 6 semaines) depuis l’endroit où ils sont nés jusqu’en Suisse. Ils y séjourneront d’abord dans une volière durant un mois environ, avant d’être relâchés lorsqu’ils auront atteint l’âge de l’envol. Ils seront ensuite nourris et suivis pendant environ un mois et demi, jusqu’au moment de leur départ en migration. Cette technique, dite du « hacking », est bien connue et a déjà été utilisée avec succès dans de nombreux projets similaires ailleurs.

Le projet a débuté en 2015 et a déjà obtenu un beau succès en 2016 puisque 11 jeunes Balbuzards ont pris leur envol pour l’Afrique durant les mois de juillet, août et septembre. Un grand BRAVO à toute l’équipe de professionnels et de bénévoles qui ont permis cette belle réussite!

Afin que ce projet de réintroduction du Balbuzard pêcheur puisse perdurer dans les années à venir, vos dons sont nécessaires et vraiment les bienvenus. D’avance un immense MERCI à vous!